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Lundi, 11 Dec 2017
         
Dr Raymonde GOUDOU COFFIE MINISTRE DE LA SANTE ET DE L’HYGIÈNE PUBLIQUE
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01-07-2016
Intervention sur le carnet de vaccination de madame la Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, Dr Raymonde GOUDOU COFFIE à la 69ème Assemblée Mondiale de la Santé à Genève en Suisse le 22 mai 2016

LE CARNET DE VACCINATION NUMÉRIQUE MÈRE-ENFANT 483 875 “ENRÔLÉES” EN 2015

 

Chaque année, plus de 500 000 femmes meurent suite aux problèmes survenus lors de leur grossesse ou de leur accouchement. La plupart vivent malheureusement en Afrique subsaharienne ou en Asie. Pour les femmes des pays du tiers-monde, le risque de mourir des complications liées à la grossesse ou à l’accouchement est 300 fois plus élevé que pour celles qui vivent dans des pays dits industrialisés, de même, un enfant né dans un des pays les moins avancés a quatorze fois plus de risques de mourir dans les 28 premiers jours de sa vie. Or la survie d’un nourrisson est fortement liée à celle de sa mère. C’est pourquoi améliorer la santé des mères et combattre pour la survie des enfants font partie des objectifs d’un État. En Côte d’Ivoire, en dépit de tous les efforts faits par les différents gouvernements, on constate, dans les chiffres 2012 officiels reconnus par l’OMS, que la mortalité maternelle était, entre 2005 et 2011, de 614 décès pour 100 000 naissances vivantes. Donc, sur 1 000 naissances vivantes, six femmes décèdent pendant la grossesse, l’accouchement ou dans les deux mois qui suivent. Nous avons réfléchi au suivi de la mère et de l’enfant en faisant ce constat : si les enfants décèdent après un accouchement normal, c’est qu’il y a sûrement un problème épidémiologique à régler – d’où l’idée aussi du suivi du carnet de vaccination, pour savoir si les mères respectent le calendrier des vaccins, pour elles-mêmes, mais aussi pour leurs enfants. Tout le monde connaît le carnet mère-enfant qu’on remet à une femme dès qu’elle est enceinte : ce carnet “physique” est important, il est pluri-personnels de santé, il est octroyé par les gynécologues et tous ceux qui suivent la mère et l’enfant. Il présente un double avantage, pour la mère – la preuve des vaccins effectués et les périodes de rappel – et pour le professionnel de santé, qui dispose de l’historique vaccinal, avec une traçabilité précise. L’institution de ce carnet physique, à une certaine époque, c’était parfait. Malheureusement, au fur et à mesure, certains problèmes se sont posés. Comment rappeler à la mère, surtout quand elle est en milieu rural, qu’à telle période il faut faire vacciner son enfant ? Cela, c’est la première chose. La deuxième chose, c’est l’oubli volontaire : on n’a pas envie d’aller au centre de santé qui se trouve un peu éloigné. Donc n’étant pas assez sensibilisée, on laisse tomber. Et puis troisièmement, tout de même, certains vaccins coûtent quand même assez cher. Au niveau du ministère de la Santé, nous sommes soutenus par des partenaires, dans le cas de vaccinations de routine ou de campagnes de vaccination que tous les gouvernements font. Mais, en dehors d’une sensibilisation “serrée”, beaucoup de parents ont tendance à occulter les vaccinations. C’est en 2012 que notre ministère a pensé au carnet électronique de vaccination. Il s’est d’abord agi d’un projet pilote avec un partenaire privé, mais nous nous sommes vite rendus compte que les textos, cela marchait bien. Cela permet – outre une sensibilisation tous azimuts, à travers tous les canaux de communication, radios de proximité, télé, presse nationale – de rappeler à une maman, par un petit son même lorsqu’elle ne sait pas lire : « Voilà, un petit signal pour te dire attention». Ou lui dire, via ces petites icônes qui bougent sur les écrans : « C’est le moment de faire telle ou telle vaccination ». Et, là, elle s’y rend, au centre de santé ! Cela nous a permis, après évaluation, de nous rendre compte que nous avions moins de malades, moins d’épidémies et que les vaccinations étaient faires. C’est déjà la chose la plus positive et c’est important, pas seulement en ville. C’est l’intérêt de ce carnet électronique, puisqu’en Afrique, dans le plus petit hameau, même si c’est juste pour répondre, même si l’on n’appelle pas parce que cela coûte cher, le paysan, les paysannes, les jeunes filles, les écoliers, les écolières, tout le monde a son petit portable. Il y avait toutes les raisons d’utiliser cette méthodologie pour toucher la mère la plus isolée en milieu rural. Et cela a marché. Je vous donne juste un chiffre sur les résultats relatifs à la mise en œuvre de ce nouveau carnet, qui bien sûr n’est pas obligatoire : le nombre de personnes enrôlées est passé de 72 251 en 2012 à 483 875 en 2015. Je pense que nous pouvons quand même être satisfaits. À l’évidence, l’institution de ce carnet électronique vaccinal est indispensable pour une lutte efficace, pour l’éradication et la réduction de l’expansion des maladies épidémiologiques dans nos pays. Une autre expérience en cours actuellement, et que Michel Sidibé a citée, une expérience pilote avec le groupe Orange et ONUSIDA. Toujours dans la même veine, nous avons actuellement un taux de 3,7% de prévalence du VIH Sida en Côte d’Ivoire – nous sommes passés pendant la crise à des taux très importants, en 1995 nous étions à pratiquement 12 % – et nous aspirons réellement à atteindre les 1 % avant 2020. Mais pour cela, il faut bien sûr redynamiser les méthodes classiques de lutte contre le sida. C’est ainsi que nous avons donc décidé, vu le succès de l’expérience du carnet électronique de vaccination, d’essayer de nous rapprocher de nos malades, les “perdus de vue” après avoir été déclarés positifs. Et également, dans la lutte que notre Première dame mène dans le cadre de la transmission mère/enfant du VIH sida et surtout, sur la mise à disposition du VIH pédiatrique. Je salue le Pr Douste-Blazy qui est bien sûr notre spécialiste en la matière, et qui nous appuie… C’est également un projet qui marche bien, en tout cas dans sa phase pilote, qui nous permet de rattraper très facilement, simplement en appelant sur leur mobile, les patients identifiés et sans qu’ils aient besoin de venir jusqu’au centre de santé – vous savez que, malheureusement, chez nous, la stigmatisation est encore forte, malgré la loi que nous avons fait passer en 2014 et qui met la pression sur ceux qui la transgressent – et d’avoir un texto lui rappelant ne pas oublier de prendre son ARV…

 

Autant d’avancées importantes qu’offre cette technologie électronique et numérique. Je pense qu’elle est la mieux indiquée pour nous, pour développer la prévention primaire et surtout la surveillance de nos épidémies. Nous ne sommes pas à l’abri, nous avons Zika, nous avons Lassa qui approche, nous avons vécu Ebola, et ce n’est pas fini. Je pense que ces systèmes-là peuvent nous aider à réduire, de façon drastique, tous ces manquements que nous avons, et rappeler à nos populations, surtout rurales, l’application des méthodes de prévention.

         

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Mis à jour le: 04 / 12 / 2017